14. septembre 2026
Communiqué de presse
Mercosur : sans protection de la forêt tropicale, l’accord peine à convaincre
Un nouveau sondage montre que, sans mesures d’accompagnement contre la déforestation, l’accord de libre-échange avec les États du Mercosur peine à convaincre la population. Aujourd’hui, le Conseil des États a rejeté l’introduction d’une interdiction d’importation des produits issus de la déforestation et du travail forcé. Sans mesures efficaces, l’Alliance contre la déforestation des forêts tropicales est prête à lancer un référendum contre l’accord avec le Mercosur, comme elle l’a déjà fait pour l’accord avec la Malaisie.
Le Conseil des États a approuvé l’accord avec les États du Mercosur sans mesures efficaces contre le travail forcé et la déforestation. Un sondage réalisé par Demoscope montre que, sous cette forme, l’accord de libre-échange peine à convaincre l’électorat.
Si la votation avait eu lieu à la mi-août, seuls 18 % des personnes interrogées auraient voté « oui » et 19 % « plutôt oui ». Avec une interdiction d’importation des produits issus de la déforestation comme mesure d’accompagnement, le taux d’approbation de l’accord avec le Mercosur passerait de 37 % à 69 %. Cela représente une hausse de 32 points de pourcentage. « Une interdiction d’importation des produits issus de la déforestation est nécessaire pour éviter que l’accord avec le Mercosur n’alimente davantage la destruction des forêts tropicales. Le sondage montre que ce n’est qu’avec des mesures efficaces contre la déforestation que l’accord peut convaincre la population », déclare Simona Kobel de Green Boots.
Pour la forêt amazonienne, déjà fortement menacée, l’accord comporte des risques importants, puisqu’il ouvre davantage le marché suisse à la viande bovine et au soja en provenance des États du Mercosur, qui comptent parmi les principaux moteurs de la déforestation. Le travail forcé et l’expulsion de communautés autochtones sont également largement documentés dans les chaînes d’approvisionnement agricoles des pays du Mercosur. « Les communautés autochtones et locales s’opposent fermement aux violations des droits humains et à la destruction de leurs moyens de subsistance », déclare Anna Leissing de Voices (anc. Société pour les peuples menacés).
La durabilité et la protection des droits humains restent ainsi de simples déclarations d’intention dans la politique commerciale suisse. Dans le même temps, la Suisse accuse un retard par rapport à d’autres pays : l’UE, par exemple, agit déjà contre les produits issus de la déforestation et les produits fabriqués dans des conditions de travail abusives, notamment au moyen de son règlement sur la déforestation et de son règlement sur le travail forcé. « Sans mesures d’accompagnement efficaces contre la déforestation et le travail forcé, comme celles déjà mises en place dans d’autres pays, la Suisse risque de voir affluer des importations issues de conditions de production problématiques », déclare Manuel Abebe de Public Eye.
Après le Conseil des États, c’est maintenant au Conseil national de se prononcer. Si celui-ci renonce lui aussi à des mesures efficaces contre la déforestation et le travail forcé, l’Alliance contre la déforestation de la forêt tropicale est prête à lancer un référendum contre l’accord avec le Mercosur.
Un communiqué de presse de l’ Alliance contre la déforestation de la forêt tropicale.