31. mars 2026

Communiqué de presse

La répression transnationale doit faire partie de la stratégie en matière de politique de sécurité

Bien que la stratégie de politique de sécurité 2026 vise la sécurité globale, elle fait une grave impasse sur le phénomène de répression transnationale contre les défenseur·euse·s des droits humains vivant en Suisse et les communautés exilées. La répression transnationale ne fait pas seulement courir un risque individuel pour la sécurité, mais met aussi en péril les droits fondamentaux, les droits humains, la démocratie et la souveraineté de la Suisse.  Dans le cadre de la procédure de consultation, Voices demande par conséquent que la répression transnationale soit intégrée dans la stratégie.

En décembre 2025, le Conseil fédéral a lancé une procédure de consultation sur la nouvelle stratégie en matière de politique de sécurité. Voices (anciennement Société pour les peuples menacés) a déposé une prise de position hier à ce sujet. Cette dernière ne se réfère pas à la stratégie dans son ensemble, mais se concentre sur un risque spécifique pour la sécurité politique, dont la stratégie ne fait toujours pas état, à savoir le phénomène de répression transnationale contre les défenseur·euse·s des droits humains vivant en Suisse et les communautés exilées.

On entend par répression transnationale toutes les actions des acteur·rice·s étrangers·ères étatiques ou proches d’un Etat consistant à surveiller, au-delà des frontières, les personnes ou communautés exilées, ou à exercer sur elles une pression afin de les faire taire, de les contrôler ou de leur imposer la ligne de conduite des pays d’origine. Font notamment partie de ce type de répression la surveillance des activités en Suisse, les intimidations et menaces, la pression sur les proches vivant dans le pays d’origine ou les tentatives de faire cesser l’activité politique. « Bien que la répression transnationale constitue un risque en matière de politique de sécurité pour les droits fondamentaux et humains en Suisse, le thème n’est même pas abordé dans la stratégie », critique Selina Morell, responsable du programme Chine au sein de Voices.

Rapport du Conseil fédéral

« Cette lacune est particulièrement frappante au vu du rapport publié début 2025 par le Conseil fédéral, qui analyse le phénomène de la répression transnationale, en particulier en provenance de la République populaire de Chine à l’encontre des communautés tibétaine et ouïghoure », précise Selina Morell.  Dans ce rapport fondé sur une étude de l’université de Bâle, le Conseil fédéral en vient à la conclusion que les communautés exilées en Suisse ne sont pas assez protégées. Le Conseil fédéral souligne également que la répression transnationale représente, sur le long terme, une menace considérable pour la souveraineté de la Suisse, car il s’agit bien d’une forme transfrontalière d’influence qui met en péril l’Etat de droit, les droits humains et la formation de l’opinion démocratique en Suisse.

Afin de renforcer les droits fondamentaux et les droits humains en tant que piliers essentiels de la sécurité globale en Suisse, Voices demande à ce que la répression transnationale entre dans la stratégie comme analyse de l’environnement et des menaces ainsi que comme mesures contre les activités d’influence et de désinformation.

Contexte

En février 2026, Voices publiait, avec les organisations de la diaspora des communautés ouïghoure et tibétaine, une déclaration contenant les revendications au Conseil fédéral. Les organisations demandent une feuille de route claire afin de mettre en œuvre les recommandations du rapport du Conseil fédéral ainsi qu’une communication transparente sur les mesures en cours et à venir. Il faut également clarifier les responsabilités respectives de la Confédération et des cantons. Ces revendications soulignent l’importance d’intégrer le thème de la répression transnationale dans une stratégie globale de politique de sécurité.

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