Au nord du Brésil, au cœur de la forêt amazonienne, se trouve la plus grande mine de bauxite du pays : Mineração Rio do Norte (MRN). La bauxite est le minerai utilisé pour la fabrication de l’aluminium, métal omniprésent dans notre quotidien : dans nos automobiles, nos smartphones, ou les emballages de nos boissons. Derrière cette façade brillante se cache une menace invisible.
Dans les environs de la mine de MRN, des barrages immenses retiennent les résidus de l’extraction minière. En aval de ces barrages, les communautés riveraines de Saracá, Macedônia et Boa Nova vivent avec la peur constante qu’un barrage ne cède. Elles redoutent qu’une telle catastrophe ne détruise tous leurs moyens de subsistance : les affluents du fleuve Amazone et la forêt tropicale.
Leurs inquiétudes sont légitimes: sur ces dix dernières années, deux barrages ont cédé, à Mariana (entreprise Samarco) et à Brumadinho (entreprise Vale), causant la mort de centaines de personnes et dévastant des paysages entiers. Les communautés riveraines ayant aussi entendu parler de ces accidents, elles vivent dans la peur et réclament plus d’informations.
MRN soutient à Voices qu’elle veille à impliquer la population et à favoriser l’échange. Malgré tout, les personnes concernées ne se sentent pas suffisamment informées et préparées à une situation d’urgence. Par exemple, elles ne savent pas s’il y a des sirènes ou comment se comporter en cas de rupture de barrage.
Et pourquoi Glencore?
Depuis 2023, des connexions avec la Suisse existent bel et bien: Glencore, l’un des plus grands groupes suisses, possède 45% des actions de MRN. La question de la menace en Amazonie et les revendications des communautés quant à une plus grande sécurité et transparence parviennent donc jusqu’en Suisse.
Glencore affirme qu’elle ne contrôle pas et n’exploite pas les joint ventures, et qu’elle use de son influence pour que ces dernières agissent conformément à ses directives. Voices et les communautés riveraines réclament donc que Glencore prenne au sérieux leurs préoccupations et qu’elle mette à profit son influence auprès de MRN pour que les mesures suivantes soient prises:
- assurer la transparence sur le mode de construction des barrages;
- faire contrôler la sécurité des barrages par un organisme indépendant;
- élaborer avec les communautés concernées des plans d’urgence et d’évacuation et les publier.
Pensez-vous aussi que Glencore devrait user maintenant de son influence, avant qu’il ne soit trop tard?
Alors, soutenez nos demandes adressées à Glencore pour qu’elle use de son influence auprès de MNR en faveur de la transparence, la sécurité et la responsabilité.
Raisons de nos revendications à Glencore
Les communautés riveraines vivent dans la peur et les connexions mènent également en Suisse.
Précédentes catastrophes: des barrages ont déjà rompu au Brésil, en 2015 à Mariana et en 2019 à Brumadinho. Des centaines de personnes ont perdu la vie et les rivières ont été dévastées. Même si à l’époque, d’autres entreprises étaient en cause, Samarco, Vale et BHP Billiton, les communautés redoutent qu’une catastrophe similaire se produise à Saracá, Macedônia et Boa Nova, en aval des barrages de MRN.
Vivre dans la peur: les communautés riveraines témoignent de leurs nuits sans sommeil et de l’insécurité permanente. La peur qu’une rupture de barrage puisse détruire à tout jamais leurs moyens de subsistance est omniprésente dans leur quotidien.
Une classification incertaine: la sécurité d’un barrage dépend fortement de son mode de construction. Selon les recherches de l’Observatório da Mineração, la classification a été modifiée, et la raison en demeure trouble. MRN renvoie aux directives légales, mais ne donne pas de détails sur le mode de construction.
Un risque incertain: selon les autorités officielles, cinq barrages présentent un risque moyen de rupture. Les dommages potentiels en cas de rupture sont évalués, pour deux de ces ouvrages, comme élevés. MRN explique que ses installations correspondent aux normes, mais ne s’exprime pas sur les conséquences concrètes des classifications de risque pour les communautés.
Des mesures incertaines: la société MRN affirme qu’elle veille à impliquer la population et à favoriser l’échange. Toutefois, les gens ne se sentent pas suffisamment informés sur la sécurité des barrages. Cela renforce leurs craintes.
Actionnaire suisse: depuis 2023, le groupe Glencore possède 45% des actions de MRN. Nous réclamons que le groupe réponde aux inquiétudes des communautés riveraines et agisse.
A propos de MRN
Les communautés riveraines se sentent menacées par les barrages de MRN. Nous réclamons à l’actionnaire Glencore d’user de son influence sur MRN pour garantir la transparence et la sécurité nécessaire.
- MRN, Mineração Rio do Norte, exploite la plus grande mine de bauxite du Brésil. La bauxite est le minerai à partir duquel on fabriquera ensuite l’aluminium destiné aux voitures, smartphones ou emballages de boissons.
- De grandes quantités de déchets sont produites lors de l’extraction de la bauxite, nommés résidus miniers (ou tailings en anglais): dans le cas concret de MRN, le système d’évacuation des déchets miniers couvre à lui seul 1700hectares, soit l’équivalent de 2400terrains de foot.
- Depuis 2023, le groupe suisse Glencore possède 45% des actions de MRN et siège aussi à son conseil d’administration. Nous réclamons qu’il use de son influence pour garantir la sécurité, la transparence et la protection des personnes vivant sur place.
- Moyens de subsistance en danger? Les habitant·e·s craignent qu’une rupture de barrage touche directement Saracá, Macedônia et Boa Nova. Leurs moyens de subsistance en bord de rivière reposent sur la pêche, la forêt et l’agriculture.
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